Le XIXe siècle marque le point de départ du développement d’Illkirch-Graffenstaden. L’essentiel de son activité se concentre autour de l’usine qui, grâce à son champ d’action international, son besoin en main d’œuvre et son apport économique, intègre la ville dans un réseau industriel régional. Des cités ouvrières sont construites pour pouvoir accueillir les nombreux ouvriers de l’usine qui employa jusqu’à 2821 personnes en 1962.
«Unsri Fabrik»
1838 : Création à Graffenstaden de l’«Usine de Graffenstaden», née de la fusion entre la Fabrique d’acier du Bas-Rhin (créée en 1825 et mise en vente judiciaire en 1837) et des «Ateliers de construction» de Strasbourg (crées en 1826).
Les premières constructions sont celles de bascules, de balances de comptoir et romaines, de presses mécaniques, de crics et de vérins. Puis viennent s’ajouter des systèmes de roues hydrauliques et des machines à vapeur. Et enfin, des machines-outils et des roues de chemin de fer.
1847 : L’usine vit sa première faillite. Les mesures nationales en faveur des industries prises par Louis Napoléon Bonaparte lui permettent cependant de surmonter rapidement la crise.
1855 : Première grosse commande : 10 locomotives à marchandise. L’usine reçoit la médaille d’honneur de l’Exposition Universelle de Paris.
1872 : La fusion avec la Société André Koechlin et Cie de Mulhouse impulse la création de la Société Alsacienne de Constructions Mécaniques.
1879 : Pour palier à l’occupation allemande et rester sur le marché français, on crée un atelier de montage à Belfort qui permet par ailleurs d’économiser les droits d’entrée des marchandises en France.
1912 : «Affaire de Graffenstaden» : après que les ouvriers ont chanté de la Marseillaise lors du banquet de la Sainte-Cécile, la direction de l’usine est accusée d’être anti-allemande. Les autorités allemandes menace de l’arrêt total des commandes si l’usine n’est pas « épurée ». Le conseil d’administration est donc contraint de remplacer son directeur par un bavarois.
1923 : La construction des locomotives à vapeur est centralisée à Graffenstaden.
1940 – 1945 : L’usine est vendue à la Magdeburger Werkzeug-maschinenfabrik (Saxe).
1964 : Au vu des difficultés économiques et financière, l’usine est placée sous le contrôle d’Alcatel.
1966 : La fusion avec la Société Française Hispano-Suiza sonne la fin de la raison sociale la SACM.
Source : L’Alsacienne de construction mécanique des origines à 1965, François BERNARD, PUS, 2000.